E-Karangé est un cabinet de conseil basé au Sénégal, spécialisé en cybersécurité et en protection des données personnelles. Nous accompagnons aussi bien les entreprises que les particuliers dans leur mise en conformité avec les réglementations en vigueur.
L’usage des réseaux par les adolescents et ses potentiels effets néfastes, n’est plus un débat à introduire, tant en Europe que dans les pays africains.
Le 7 novembre dernier, le Premier ministre australien, Anthony Albanese a annoncé un durcissement de l’utilisation des réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, Snapchat et TikTok. Prétendument, les Australiens devront attendre 16 ans avant de pouvoir utiliser ces réseaux.
En cause de cette mesure, une triste mixture constatée de désinformation, cyberharcèlement, incitations à la haine et à la violence facilitée par ces réseaux sociaux et dont les adolescents sont les principales victimes.
Au Kosovo par exemple, une enquête est en cours sur des cas d’automutilation de jeunes filles âgées entre 9 et 17 ans, incitées par un challenge via tik tok.
Que dire ? sinon que c’est affolant d’être parent d’adolescents en ce siècle.
Il n’en demeure pas moins qu’il y a pas mal de questions que soulèvent ces réalités ….
Qui pour porter le chapeau de ces dérives et y apporter une réponse efficace ? Les Etats ? avec comme levier la majorité numérique peut être ?
Pour rappel, en France par exemple, l’instauration d’une majorité numérique à 15 ans avec la LOI n° 2023-566 du 7 juillet 2023 visant à instaurer une majorité numérique et à lutter contre la haine en ligne, a pour objectif de protéger les enfants des réseaux sociaux en veillant à ce que les plateformes mettent en place une solution technique lors de leur inscription ainsi que de mieux prévenir et poursuivre les délits en ligne, comme le cyberharcèlement.
Résumé des dispositions:
Et pourtant ! Saviez-vous qu’en France, un rapport de l’association Génération Numérique datant de 2023 a révélé que 63 % des jeunes de moins de 13 ans étaient titulaires d’au moins un compte sur un réseau social théoriquement interdit ?
Ces chiffres posent concrètement la question de l’efficacité des solutions techniques de contrôle d’âge utilisées par les plateformes. Par manque de volonté de leur part ? de moyens financiers ? de technologies innovantes ?
Certains analystes proposent plutôt de mettre une obligation renforcée de contrôle d’âge à la charge des développeurs de store (ou marchands d’applications) comme l’App store (Ios), ou Google play store (Android).
En effet, à première vue, cela paraît être une bonne idée, car pour créer un compte et utiliser les réseaux sociaux, il faut normalement l’avoir téléchargé en amont via ces stores.
Mais cela ne serait en mon sens que déplacer le problème sans vraiment le résoudre !
Si le fond de cet “impossibilité” des plateformes à effectuer un contrôle d’âge efficace, est en réalité un manque de volonté; nous noterons le même laxisme de la part des marchands d’application. D’autant plus que ces derniers risquent de se défendre avec l’argument selon lequel une telle responsabilité demeure celle des plateformes plutôt que la leur, étant données que ce sont « leurs » utilisateurs… à tort ou à raison ?
La répression par le contrôle n’ayant jusque là pas été efficace, ou plutôt pas assez, il serait peut être temps de renforcer ces lois, sanctions et menaces des plateformes non plus par d’autres lois plus strictes ou plus élaborées, mais par un bon système de sensibilisation et d’éducation de nos adolescents à l’utilisation des réseaux sociaux.
Et OUI, la “solution miracle” peut être dans nos écoles, associations et familles, en éduquant tout simplement au lieu d’interdire !
En effet, plusieurs aspects sont en jeu malheureusement pour ces ados qui n’en ont pas toujours conscience :
Rappelons nous toujours que l’interdit a un goût particulier le rendant plus attrayant. Ainsi, rien ne vaut une bonne dose de sensibilisation et d’échanges avec nos ados.
Qu’en pensez-vous ?
